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Tuberculose bovine

Tuberculose bovine

 17 décembre 2014

Les 5 départements d’Aquitaine, ainsi que les 2 départements des Charentes, sont frappés depuis quelques années par la tuberculose bovine qui prend de plus en plus d’ampleur. Face à cette situation, un groupe de travail s’est réuni. Une vingtaine de représentants des réseaux FDSEA/JA et GDS se sont retrouvés le 10 décembre à Saint-Macaire pour échanger sur la gestion de la tuberculose bovine.

Les objectifs de la rencontre étaient de dresser un état de situation de la Tuberculose, de comprendre les enjeux de la lutte, les difficultés posées par les outils de diagnostic et les conséquences sur le cadre réglementaire, et les mécanismes en place pour “faciliter” la mise en œuvre de la réglementation et pallier à la défaillance des outils de lutte. Il s’agissait enfin de dégager des axes d’amélioration du dispositif à défendre conjointement entre partenaires techniques et syndicaux.

Dans un premier temps, une présentation a été faite de l’état de situation de la Tuberculose en France et en Aquitaine : historique de la lutte, évolution de la situation depuis les années 1950 (forte baisse du nombre de cheptels infectés depuis que les éleveurs se sont structurés au sein du réseau des GDS pour lutter collectivement – aujourd’hui le nombre de cheptels infectés est très faible comparativement), enjeux de la lutte, notamment par rapport au commerce international de bovins et l’importance de conserver l’appellation “Officiellement Indemne” de la France. Un point a également été fait sur les performances et les limites des différents outils de diagnostic, sachant que le seul diagnostic direct est un diagnostic post mortem. L’expérimentation sur le test Interferon est une avancée, même s’il coûte cher et n’est pas non plus la solution miracle, mais plutôt la moins mauvaise des solutions. Force est de constater que les outils étaient adaptés à la situation des années 50 avec 25 % de cheptels infectés, mais que ces outils ne sont plus suffisants en situation de faible prévalence. A noter également l’engagement des éleveurs dans la prophylaxie, qui permet une recherche plus précoce, ce qui est une véritable amélioration. L’importance de faire avancer la recherche pour avoir des tests fiables a été soulignée d’un point de vue technique. Les débats autour de la gestion des suspicions et des cheptels déclarés infectés ont fait ressortir l’importance de l’accompagnement de l’éleveur touché, à tous les niveaux : psychologique, social, technique, financier, … , face à la gestion déshumanisée par l’administration.

Enfin, un point a été fait sur la Biosécurité, c’est-à-dire les bonnes pratiques pour limiter la propagation de la maladie : limiter les risques liés à l’introduction d’animaux dans l’élevage, au voisinage, à l’environnement et enfin limiter les autres risques (visiteurs, matériels, …). En effet, la lutte contre la tuberculose ne peut se cantonner à la détection et à l’assainissement des foyers.

Les débats, nombreux, ont permis de dégager des axes d’amélioration du dispositif à défendre conjointement entre partenaires techniques et syndicaux sur lesquels les différents partenaires autour de la table se sont engagés à travailler. Cette réunion est une réelle avancée positive dans la gestion de cette maladie.

Claire TAMISIER, FDSEA Dordogne

Sébastien Lechevallier, JA Dordogne

 

23 juin 2014

Claire Tamisier et Yannick Frances ont organisé la réunion des OPA du 23 juin, à Sarlat. Elle portait sur la tuberculose bovine. Cette réunion nous a permis de relayer auprès des diverses instances en présence les attentes et le mécontentement des éleveurs.

Par ailleurs, Claire Tamisier et M-Laure Le Goff ont pris part au Comité de pilotage Tub’, convoqué par le Préfet, le 25 juin.
La problématique de l’impact sur la filière laitière de la non collecte a été abordée. Le Préfet a saisi le cabinet du Ministre et la DGAL sur ce sujet. Nous avons, du côté de la FDSEA, saisi la FNPL et la FNSEA sur ce dossier. Nous poursuivons le combat.

La FNPL va mettre en place un groupe de travail sur la gestion des cas de tub’ en troupeau laitier, auquel la FDSEA 24 sera invitée à participer.
Au 25 juin, on compte 21 foyers déclarés sur le département au titre de 2014 (contre 32 en 2013).
Nous avons souligné deux aspects importants à prendre en compte pour l’indemnisation. D’abord nous exigeons que le lait qui est jeté, sur ordre de l’administration, soit indemnisé et collecté, aux frais de l’Etat. Ensuite, concernant la production de veaux sous la mère, nous exigeons que soit appréciée, lors de l’expertise, la docilité des animaux, et qu’elle soit prise en compte dans l’indemnisation.
Lors de l’expertise, il est à noter qu’un travail préalable sur les coûts de production et la valorisation de la production a été depuis peu mis en place. Ce cadre renforce la véracité de l’expertise et permet d’avoir moins de remise en cause de la part de la DGAL.

11 juin 2014

Le foyer sarladais semble s’amplifier. Plusieurs réunions se sont tenues sur le secteur la semaine passée, en la présence de Yannick Frances pour la Fédé. Nous restons on ne peut plus vigilants et sommes sur le front, regrettant amèrement l’absence de solidarité de certaines organes de collecte qui n’ont pas pris la mesure des conséquences de leurs décisions.

16 avril 2014

M. Larue, C. Tamisier, et ML Le Goff assitaient pour la FDSEA au 1er copil Tub’ de l’année (hors visite du DGAL, le 11 février), le mercredi 16 avril. Comme c’est le principe, désormais, sont abordés les aspects techniques de la gestion de la pandémie en Dordogne, puis les aspects financiers, la gestion et l’étude de la faune sauvage, et la biosécurité. Ce Comité réunit l’ensemble des acteurs ayant à faire à la maladie.
A ce jour, la prophylaxie, commencée en novembre, est réalisée à 90 % sur le cheptel de Dordogne, et 70 % des recontrôles sont faits.

Entre 2009 et 2013, la Dordogne est passée de 0 à 75 % d’assanissement par abattage sélectif. En moins d’un an, une majorité de cheptels qui s’engage dans l’abattage sélectif peut retrouver sa qualification. Par ailleurs, sur la campagne 2012-2013, on comptait 188 suspiscions. On en compte en 2013-2014 (campagne non terminée) 238. Cette augmentation des suspiscions s’expliquerait par trois raisons :
– le nombre d’élevage dans lesquels des prophylaxies ont été programmées est en augmentation d’une campagne à l’autre
– Les actions de sensibilisation des vétérinaires ont porté leurs fruits : on a cette année plus de déclarations vétérinaires. C’est une bonne chose : s’ils « omettent » de faire les déclararations, ils mettent à mal le dispositif d’éradication de de la maladie, en cours, en Dordogne.
– La présence de micro-bactéries atypiques entraîne des réactions positives à la tuberculination (expliquant ainsi l’origine des réactions faussement positives), ce qui augmente le nombre de suscpicions.

Le Préfet a aussi insisté sur la meilleure maîtrise des délais d’indemnisation qui était un objectif affiché et une de nos revendications. Cette année, l’administration gère de manière plus fluide et plus rapide les délégations de crédit nationales. La DDCSPP fait aujourd’hui des avances de trésorerie de près de 20 k€ pour régler rapidement les dossiers sensibles, en attente de délégation sprécifique.

Concernant les prélèvements de faune sauvage, l’effort fait par les chasseurs cette saison a été souligné. Sur sanglier, 70 % du plan de chasse (9000 prélèvements sur 2012-2013) est réalisé, ce qui est satisfaisant. Concernant le blaireau, l’objectif de prélèvement est fixé à 2000 individus, contre 400 la saison passée.
Le combat collectif est donc concenté sur TOUS les vecteurs de tuberculose.
C’est l’occasion ici pour nous de vous encourager, agriculteurs situés dans les zones à risque, à prendre part au dispositif de lutte de la tuberculose, en aidant au piégeage des blaireaux. Faites vous connaître auprès de la Fédération des chasseurs ou de la FDSEA, ou de votre piégeur agréé local. Il s’agit bien là de l’intérêt commun. Vous pouvez devenir piégeur vous-mêmes (prévoir 2 jours de formation, gratuite), ou indiquer les terriers de blaireaux dont vous auriez connaissance, ou encore apporter votre aide au piégeur en place.

Lors de ce comité, la FDSEA a informé l’administration du problème du lait non indemnisé, lorsqu’il est écarté. Seul le lait des vaches abattues est indemnisé. Nous demandons que le lait détruit dès la phase de suspicion (lait issu d’animaux présentant des réactions positives au test de dépistage) soit indemnisé.

Nous tenons à vous signaler par ailleurs qu’il est désormais obligatoire, depuis l’été dernier, que la DDCSPP (ex DSV) communique aux entreprises de collecte/transformation, les APMS (Arrêté Préfectoral de mise sous surveillance de l’exploitation suspecte), tout comme les APDI (Arrêtés Préfectoral Portant déclaration d’Infection).
Si votre laiterie pose problème pour collecter le lait de vos vaches n’ayant pas réagi au test (vaches « négatives »), nous vous invitons à ne pas rester isolés et à contacter la FDSEA, qui vous défendra.

11 février 2014

Le Préfet a réuni un comité de pilotage Tuberculose bovine le mardi 11 février. Il s’agit de la troisième année consécutive que M. Dehaumont, Directeur Général de l’Alimentation (service du Ministère de l’agriculture en charge du dossier tub’) vient se rendre compte de la situation de la maladie en Dordogne et rencontrer les acteurs concernés.

1/ L’évolution de la maladie : faits marquants
Le nombre de foyers découverts en Dordogne en 2013 est de 32 (27 en 2012, 20 en 2011…). L’autre fait marquant est l’apparition de nouveaux foyers dans la zone de la Double : la maladie progresse en nombre et géographiquement. On compte en 2013, 188 suspicions et 216 abattages diagnostiques en Dordogne.
Au niveau français, les départements aquitains représentent à eux seuls 50 % des foyers de 2013 (dont 30 % pour la Dordogne). La maladie est en augmentation dans le Lot et Garonne, les Landes et les Pyrénées Atlantiques (illustration ci-contre). Fait rassurant, si on peut dire, la caractérisation de la bactérie qui entre en jeu montre que ce sont trois foyers différents qui existent dans la région. Ils n’ont aucun lien. De plus, les études montrent qu’il n’y a pas de lien entre la densité des élevages bovins par commune et l’apparition des foyers. Dernier constat : la recherche de la maladie : on entendait souvent dans les campagnes « on ne trouve que ce qu’on cherche » : reprochant aux départements limitrophes au nôtre de ne rien chercher.
Aujourd’hui, c’est acquis, la zone à risque est coalescente, sans discontinuité. Cela marque une même gestion de l’épizootie dans les départements limitrophes de la zone touchée en Dordogne : Gironde, Charente et Charente Maritime, Corrèze et Haute Vienne.

2/ Les avancées
Les services de l’Etat ont refait le point sur les avancées : tout d’abord, la mise en place du test Interféron, qui a évolué et devient fiable. Il a aussi permis de fluidifier le dispositif de prophylaxie. M. Dehaumont s’est félicité du fait qu’on ait pu mettre en place, collectivement, un protocole qui sera, souhaitons-le, valider par l’Europe et généralisé à terme. Concernant la cellule épidémiologique, elle sera opérationnelle en ce début 2014, en collaboration avec la Côte d’Or, l’autre département le plus impacté par l’épizootie. Les crédits pour la recherche sont trouvés, et les équipes de chercheurs en place. Grâce à cette cellule, l’Etat entend comprendre les modalités de l’infection, pour à terme, l’éradiquer. Notons aussi la mise en place d’un plan d’actions départemental ambitieux, qui concerne notamment la faune sauvage, avec pour objectif la réduction drastique des populations de blaireaux dans les zones à risque. Enfin, les délais d’indemnisation ont été raccourcis, passant de 15 à 6 mois. On peut dire ici que la FDSEA, grâce à la prise de conscience du Préfet et sa volonté de vaincre l’épizootie, a réussi à « poser les bases » pour que la dramatique problématique de la Tub’ en Dordogne trouve enfin des réponses concrètes.

2/ Les points de vigilance de la FDSEA
La DGAL mène une réflexion sur un « dispositif global, robuste, transparent et lisible » concernant les expertises. Par « global », il faut comprendre que ce « process » devra être adaptable à toute maladie (ESB, brucellose, salmonellose…) et toute espèce.
On nous annonce aussi que les experts seraient désormais des experts agricoles et fonciers, reconnus par le Code rural, qui « ont une déontologie, un référentiel et un contre pouvoir ». Nous émettons de sérieux doutes quant à la nomination de ces nouveaux experts. Un cheptel bovin ne s’évalue pas comme un parc de voitures. Cela demande des compétences, des connaissances et une expertise toute particulière, ainsi qu’une sérieuse expérience en matière d’élevage bovin. Toutes les formations qui seront proposées à ces experts (dont nous ne sous estimons pas les compétences par ailleurs) ou les diverses grilles d’évaluation mises en place, ne remplaceront jamais cette expertise.
La FDSEA tient à tirer la sonnette d’alarme sur ce point. La meilleure des méthodes d’évaluation (la DGAL y travaille avec Races de France) ne suffira pas à une expertise juste si les experts ne sont pas des spécialistes de l’élevage bovin viande ou lait. Nous en sommes convaincus.
Dernier point essentiel : il y a un décalage entre la valeur marchande et la valeur réelle dans les cas de recontamination de cheptel. Il est nécessaire de se rapprocher de la valeur bouchère des animaux. Par ailleurs, le taux de perte sanitaire, évalué à 15 % est insuffisant. Enfin, si la possibilité de recourir à un abattage sélectif est une bonne chose, nous déplorons l’énorme durée dans le temps de la requalification des élevages. Cela n’en finit pas et c’est la double peine pour l’éleveur. Le délai de requalification doit être raccourci pour permettre à l’éleveur de reprendre pied.
Ca n’est pas aux agriculteurs de payer pour une maladie réglementée. L’Etat doit assumer les conséquences de ses décisions, jusqu’au bout !
Nous avons également « mis le doigt » sur des points techniques concernant les indemnisations que la DGAL ignorait totalement, et ce malgré la venue d’experts sur des fermes en Dordogne, en octobre. Nous allons donc les solliciter pour apporter des éléments à prendre en compte dans ce nouveau dispositif.
Enfin, le Préfet a conclu que tous les outils sont maintenant en place pour éradiquer la maladie, et qu’il nous faut, collectivement, poursuivre nos efforts, tout en restant patients, pour éradiquer cette maladie.

26 octobre 2014

Claire Tamisier et Michel Larue représentaient la FDSEA au Comité de pilotage Tuberculose bovine de ce lundi 20 octobre. Ce qu’il faut en retenir :
Le Comité ne sera plus mensuel, il y en aura désormais un en octobre, en février, en mars avec la DGAL, et un en juin
– la zone en prophylaxie annuelle va être agrandie, suite à des blaireaux trouvés positifs ou à des cas de tuberculose dans des cheptels
– nous avons deploré que dans certaines communes de la zone à risques, il n’y ait pas de piegeage
– l’abattage selectif est acté au niveau français
– prophylaxie pour la campagne 2014/2015 en IDC dans les troupeaux laitiers pour eviter au maximum les faux positifs.
-Claire Tamisier a redemandé qu’il soit fait un relevé des discussions à l’issue de chaque copil afin que tout le monde ait les mêmes informations
– 25 cas ont été diagnostiqués cette campagne en Dordogne

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